Catégorie regroupant les articles liés au thème Le travail c’est la santé.

En juin 2017, baluchon à la main, la boule au ventre et pleins d’indécisions, je passe audition sur audition dans plusieurs cours privés parisiens. Au résultat, succès dans chacune, et j’atterris dans mon école souhaitée, le Studio de Formation Théâtrale, petit coin paumé de Vitry-Sur-Seine, une école pas plus grande qu’un appartement, située au rez-de-chaussé d’une cité de banlieue où se fréquente à l’entrée trafic de drogue, canettes de bières vides, et barquettes de kebab poussiéreuses.

Apprendre le théâtre est une notion qui m’a souvent parue nébuleuse. Comment peut-on apprendre à jouer ? Comment peut-on travailler sa présence ou son écoute ? À quel moment peut-on se dire « comédien » ? C’est quoi les outils de l’acteur ? Comment peut-on travailler quelque-chose d’aussi vague qu’un « imaginaire » ? Tout cela me semblait très diffus, presque mystique.

Et une fois dedans, rien ne change. Pas de grandes révélations. Assis sur des chaises à regarder les passages des uns et des autres, à s’observer, se comparer, essayer puis rater, puis essayer encore. Avec cette nouvelle difficulté à parler de son quotidien à ses proches. « Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? Oh bah écoute, je me suis roulé sur le sol, mais enfaîte c’était pas du sol, c’était du magma, et moi je m’enfonçais dedans, et il fallait lutter, lutter, arracher son corps du sol pour atteindre les étoiles. Puis à un moment je suis devenu un petit éléphant qui dansait et qui faisait la marche des éléphants. Après je me suis transformé en gros troll, puis j’ai trouvé des copains écureuils, puis là la foudre est tombée, et tout les écureuils ils sont morts. Et j’ai fait ça pendant 4h. Et toi sinon, ta journée ? »

Pourtant j’ai progressé. Je le sens intérieurement et aujourd’hui mes approches d’un texte sont très différentes. Mais impossible de décrire les chemins parcourus pour atteindre ce résultat. Aucun moment, où j’ai pu me dire : « Ça c’est bon, je maîtrise, je peux passer au palier suivant. » Non, une année dans une école de théâtre, c’est comme une grosse mare dans laquelle tu sautes sans en connaitre la profondeur, et où tu croises d’autres petits poissons avec des grosses valises sur le dos chacun allant dans des directions différentes.

Alors pour éclaircir cet état, et dans un effort aussi de sauvegarde numérique de mes données, j’ai recensé ici toutes mes notes prises au cours de cette année, me concernant ou non, certaines claires d’autres plus intimes, presque private joke. Prises en vrac, je les ai structurées et attribuées à chaque intervenant pour mieux faire apparaître leurs méthodes différentes. La lecture peut être confuse, mais ce format me semble le plus attribué et intéressant pour vous parler de cette année 😉

D’octobre à décembre 2017.

Intervenant : Florian SITBON
Scènes travaillées :
Shakespeare, Le songe d’une nuit d’été – Acte 3, scène 1
Hanokh Levin, Funérailles d’Hiver – Tableau 2
Beaumarchais, Le mariage de Figaro – Acte 1, Scène 1
Horváth, Légendes de la forêt viennoise – Scène entre Alfred et Marianne après l’ellipse

Cherche le déséquilibre. Cherche la gène. Cherche le moment de balance. Crée et joue la situation. C’est l’histoire qui compte. Précise le sens. Ne joue pas la réplique, va au-delà. Trouve un état. Sors de ta bulle de confort. Sois dérangé. Deviens fou. Désinhibe-toi. Ne sois pas tranquille. Cherche ce que ça fait en toi. La normalité, c’est chiant. Ce qui est évident n’est pas intéressant. Complique, ne simplifie pas.

Travail l’histoire. Trouve ta vérité, ce qui fait sens pour toi. Joue ce qui est proche de toi. Va au-delà du texte. Le sens avant tout. Quel est le rapport entre les personnages ? Parle moins fort. Arrête de forcer ta voix. Retourne la matière du texte. Sous-texte ne veut pas dire paraphrase. Amuse-toi ! Un comédien doit s’amuser, ça fait partie du boulot.  Sois gentil avec le public, il ne comprend pas. Lagarce, c’est une écriture parlée.

Horváth, Légendes de la forêt viennoise – Scène entre Alfred et Marianne après l’ellipse

Toute l’année 2017-2018 avec un cours de 4h par semaine.

Intervenantes : Valentine CATZÉFLIS puis Zoé FAUCONNET
Scènes travaillées :
Corneille, l’Illusion Comique – Acte 3, scène 5
Racine, Bérénice – Acte 4, scène 5
Rostand, Cyrano de Bergerac – Acte 2, scène 6

Y’a pas de ponctuation dans Racine. Le sens prime sur les règles. Respecte la musique des alexandrins. Fuck la ponctuation dans l’alexandrin (Note : Elle n’a pas vraiment dit ça mot pour mot, mais je l’ai transcris ainsi dans mes notes 😀 ). Fais partager à ton public. Sois à l’écoute du moment. Enjambe dans la pensée.

Prend le temps après le vers. Une idée par vers. La situation est si importante que c’est par choix que les personnages parlent en alexandrin. Les césures à l’hémistiche seulement quand le sens le veut. N’enquille pas les vers. Le jour des concours ne parle à personne. Profite de l’école c’est un laboratoire, tu as le droit de tout essayer.

D’octobre à décembre 2017.

Intervenante : Paola COMIS
Scènes travaillées :
Pommeras, La réunification des deux Corées – Enfants
Falk Richter, Play Loud – Exit Music for a Film

Je m’appelle L.D, et je suis fille de l’indécision. Sois CONCRET. C’est pas le sentiment le plus important. Il faut que ce soit intéressant pour le public.

Janvier à Février 2018.

Intervenante : Nadine DARMON
Scènes travaillées :
Claudel, Le pain dur – Acte 2, Scène 2
Claudel, Le pain dur – Acte 3, Scène 3
Dario Fo, On ne paie pas ! On ne paie pas ! – Scène 2, Giovanni et Antonia

Joue faux, cela ouvre des portes. La nuance c’est l’art du pauvre. Ne sois pas banal. Osez le ridicule au théâtre. C’est quoi ta nécessité d’acteur ? Respire le texte. Tiens la ligne droite, le mouvement de la pensée. Reçois et réagis. Tu dis le texte, parce qu’il y a une nécessité à parler. C’est l’art de faire exprès. Une rupture, c’est un suspens d’écoute. Protase, acmé et apodose.

Sur quoi fonctionne l’enjeu dramatique ? Le désir est en diagonale pas en ligne droite. Le point d’impact est le commencement du mouvement. Soren est gay. Pense la situation. À qui/pourquoi tu t’adresses ? Déconstruit la pièce. « Invente un livre de chevet à ton personnage et tu en sauras plus sur lui ». Ne travestis pas le texte, ne va pas chercher la facilité. L’ennemi du comédien c’est le vague. Pas d’auto-critique !

Claudel Le pain dur école de théâtre benjamin savalle

À droite, c’est Claire. Elle joue Lumîr et je joue Louis. (Acte 2, Scène 2 Le Pain Dur)

Mars à Avril 2018.

Intervenante : Joséphine SOURDEL
Scènes travaillées :
Koltès, Roberto Zucco – Le frère
Koltès, Roberto Zucco – Le métro

C’est le partenaire qui fait du comédien un roi. On n’est pas roi tout seul. Chez Koltès, quand on retire ses chaussures c’est qu’on va dire la vérité. L’amour ne se voit jamais chez Koltès. Laisse toi envahir par le sens des mots. C’est quoi l’objectif de ton personnage ? Laisse respirer l’autre. Laisse-toi surprendre. L’important c’est le théâtre que tu veux faire, pas l’école.

Découvre ton clown intérieur, c’est ta nature de comédien. « Les clowns parlent à dieu, et les dieux sont sourds ». Met un élément de surprise dans tes scènes. Trouve une musique à ton personnage. Chez les pauvres, on ne se plaint pas sur son sort. Le verbe est important chez Koltès. Koltès, c’est du corps, c’est viscéral. Commence au meilleur de la dernière fois. Pose-toi des questions chaque soir.

Mai 2018, toute l’école travaille sur la création d’un spectacle pour la fin du mois. Aucune note ne fut prise.

Juin 2018.

Intervenant : Vincent DEBOST et Sarah TICK
Scènes travaillées :
Ristic, L’histoire de la princesse – L’ouvrage entier

Le cercle de craie.  Vois le texte comme une langue étrangère, va à sa rencontre. L’une des choses que doit cultiver le comédien, c’est la proposition. Au bout du compte, on est toujours nous-même. C’est ta rencontre avec le texte qui te permet de te déplacer. Pour Brecht, Lady Anne est laide. « Il vaut mieux partir d’un cliché que d’y finir. » Hitchcock. Ouvre au spectateur. Assume et assure ce que tu proposes. 

Appuie toi sur les verbes. Sois confiant, prends le temps de t’amuser. Ce n’est que du théâtre, c’est des gamins en train de jouer la Belle au Bois Dormant. Accepte ta fragilité d’acteur. Fais entendre le sens. Visualise ce que tu dis.

Le mardi 26 juin 2018 à 15h15, je passe mon audition de passage en seconde année. Le « jury » est uniquement présidé par Florian, notre directeur d’école. Je présente la scène du métro dans Roberto Succo, et la scène VI de l’acte V de Phèdre, ou Théramène conte la mort d’Hippolyte à son père Thésée (la scène la plus facile du monde, évidemment).

La scène de Zucco est passable dirons-nous, et Florian commente la scène de Phèdre comme un véritable « carnage », notamment sur l’alexandrin. « Mais tu n’entends pas la rythmique de l’alexandrin ? Tu joues d’un instrument ? Ha oui, je fais de la guitare, et je donne même des cours. ET BAH ALORS ! » lance-t-il en riant.

Puis abordant la question de Zucco, il me demande si cette scène me présente à mon avantage. Je lui réponds qu’au vu de mon niveau et de ma culture théâtrale actuelle, c’est cette scène que je choisirais en premier pour une audition. Et là, content comme un gosse d’avoir bien deviné, il s’exclame : « Et bah tu vois, c’est ça le problème ! »  Puis il enchaîne : « Non, mais je te dis ça, mais y’a pas que toi, hein, vous êtes plusieurs dans ce cas, là t’es le dernier, je me suis beaucoup répété aujourd’hui, je te dis ça, parce que je trouve que vous êtes un peu trop scolaire dans cette école, très sympa et bienveillant, enfin je crois, ça va non ? (J’acquiesce) Mais il faut que tu poses la question de savoir si tu es crédible dans cette scène. Je vois le boulot que tu as fait sur le texte, le travail du sens, mais quand tu passes cette scène, je vois Benjamin en train de me faire un petit vieux, et pas autre chose. Alors je dis pas, on peux toujours travailler la voix, le corps, mettre un costume. On peut toujours tricher. Mais si tu dois raconter l’histoire à un enfant, pour lui faire croire tu prendras une voix, une posture, et pas ce que tu m’as proposé là. »

Je lui confie mes doutes concernant mon passage en seconde année, et rassurant il me confie que ce serait une mauvaise idée pour moi de redoubler. Ainsi, après 9 mois dans cette école, un travail sur 15 scènes différentes et deux spectacles, je passe donc en seconde année ! La suite de l’aventure à la rentrée d’octobre 2018 ! 🙂

Tout petit déjà, j’éprouvais une certaine fascination pour les personnes en caisse dans les hypermarchés. De mon regard d’enfant, je trouvais cela infiniment cool de pouvoir être assis toute la journée, à jouer avec de l’argent, dire bonjour, sourire aux gens et être dans son petit espace sécurisant. Avec le temps, cette idée a évolué avec la volonté d’essayer un maximum de boulots dit « difficile ». Que ce soit hôte de caisse, employé polyvalent, vendeur, opérateur téléphonique, employé de restauration rapide… ces jobs ont tous la particularité d’avoir mauvaise réputation. Et pour de bonnes raisons.

 

Directement à la fin de mes études de commerce, et épris du besoin de financer mes études de théâtre, j’entrepris de démarcher et déposer CV – Lettre de motivation dans tous les supermarchés du coin, centre d’appels et fast-food. Aucun ne pris la peine de répondre à mes candidatures, et c’est ainsi que sans grande ambition, je finissais par devenir mandataire immobilier.

 

Toutefois, onze mois après ma candidature au Monoprix de mon quartier, et tandis que je me trouvais dans le sud de la France à encadrer et animer des adultes mentalement déficients, je reçus un appel de la responsable caisse me conviant à un entretien d’embauche dès la rentrée. Ni une, ni deux, et surpris par leur temps de réaction (tout de même rappeler une candidature pratiquement 1 an après, il faut le faire), j’acceptais tout excité à l’idée de pouvoir enfin quitter une situation légèrement précaire.

 

Après un bref entretien, où j’explique avec tout énergie et volonté que j’ai désespérément besoin de travailler [et surtout d’argent], je subis une courte période d’essai (deux heures), et une semaine après, j’étais en caisse, habillé de mon beau tee-shirt noir à virgule rouge, et de mon badge fraîchement imprimé.

 

J’ai eu de la veine, le premier contrat qui me fut attribué représentait 33h/semaine pour une durée d’un mois. Les premiers jours ne furent guère glorieux, j’ai dû appeler un nombre conséquent de fois l’accueil, pour des problèmes de caisse, des erreurs de code, et des soucis au niveau des paiements.

 

À noter qu’au tout début, je passais les fruits et légumes à la pièce gratuitement (le meilleur caissier du monde 😀 ) car je n’avais pas encore compris comment valider les codes sur la caisse. J’ai dû je présume, faire le bonheur de quelques clients (à votre service m’sieur, dames !). Il m’est même arrivé au cours du premier mois, d’avoir sorti mon téléphone portable en caisse pour appeler un client qui avait oublié son portefeuille et dont le numéro de téléphone était à l’intérieur. Une habitude qui restait des heures de prospection que j’avais faites, et qui mis face à l’hilarité de mes collèges, et l’incrédulité de ma chef de caisse.

Vis ma vie de caissier 1 @Ben

Un jour j’ai oublié de rendre 50€ à un client. Le mec est revenu 30 min après. Branle-bas combat, obligé de fermer la caisse malgré la file et de tout recompter pour s’assurer de l’erreur. Je dois saluer la personne qui est restée super cool malgré l’événement 😀

 

Les mois passants et avec une accumulation de petit contrats (en moyenne des CDD de deux semaines, 24h, et pas plus de trois contrats par mois), j’acquérais une certaine aisance. Fini les clients quittant ma file, soupirant et haussant leur sourcil gauche pour s’envoyer en l’air à la caisse en face, où ma collègue, elle, arrivait à faire ses vingt articles/minute ; là où moi j’atteignais péniblement les quinze.

 

Ça y est je maîtrisais enfin une bonne partie des quelques 300 codes des fruits et légumes ! Bananes – 8051, Pdt consommation – 8685, Poireaux – 8285… Je ne mettais plus un quart d’heure à compter ma caisse en fin de journée et toutes les « techniques avancées » d’une gestion de caisse (comme appuyer sur la touche total pour réinitialiser le compteur d’articles à la minute) n’avaient plus de secrets pour moi. Je gérais l’encaissement des chèques et des tickets restau comme un petit chef !

 

Étant également le seul homme caissier dans toute une équipe féminine, et le plus jeune de surcroît, j’ai rapidement attiré l’attention de mes collègues. Après avoir discuté avec plusieurs d’entre elles, leur parcours respectifs étaient assez hétérogènes. Anciennement comptable, fleuriste, ou même traductrice (et ma chef de caisse était auparavant graphiste), toutes s’accordent sur un point : « C’est un métier tranquille et sécurisant ». Sous l’idée qu’« une fois rentré, on y reste », la moyenne d’ancienneté des caissières tourne autour de la vingtaine. Fait qui m’a également beaucoup étonné au début, nombre de mes collègues ne comprenaient pas pourquoi moi j’étais ici, simple caissier, alors que « toi, tu as fait des études, tu ne devrais pas être là ». Pour tout vous dire, du haut de mon Bac +2, j’étais déjà bien content d’avoir la chance de travailler et de commencer à gagner ma vie.

Vis ma vie de caissier 3 @Ben

Aussi faire ses courses là où tu bosses, c’est très pratique. En CDD, je n’avais pas le droit d’avoir la carte du personnel qui offrait des réductions, mais mes collègues en CDI n’hésitaient pas à la passer pour me laisser profiter des avantages 😀

 

C’est un métier plus diversifié qu’il n’y parait au premier abord. L’employé veille à la propreté de son environnement (la bouteille de Jack Daniel éclatée sur le sol par un client maladroit, c’est pour Bibi), il doit faire attention à sa tenue de caisse ; par exemple on est rapidement à court de pièces d’un centime (bénis soit les clients qui font l’effort de donner la monnaie). Et l’on s’occupe aussi de ranger les paniers, ou les articles laissés à l’abandon sur le tapis et les devantures des caisses.

 

Enfin le point majeur de ce métier se concentre dans ce rapport particulier entretenu avec la clientèle (d’ailleurs, j’en ai fait un autre article, si tu souhaites le lire ! 🙂 ) Si effectivement, certains clients sont repoussants et mettent très rapidement mal à l’aise (comme cette dame qui a refusé de prendre ses centimes sous prétexte que c’était de « l’argent pour les pauvres »), (où cette vieille dame, un jour avec son manteau blanc taché de poussière et de sang séché), c’est surtout la lassitude et la fatigue qui pèse. À coup de bonjour, merci, au revoir toute la journée, de mouvements saccadés et répétés, du froid et du bruit de la galerie marchande, d’une chaise inconfortable, et un droit de 15 minutes de pause pour 6h20 de boulot, c’est le cadre où tu évolues, et où chacun peut se faire juge immédiat de ton travail qui est avilissant.

 

À la différence de mes collègues, j’en venais à apprécier le moment où j’étais seul en caisse, et où aucun client ne se présentait à moi. C’était une grâce d’être au calme quelques instants.

Vis ma vie de caissier 2 @Ben

Et quelques fois on craque.

 

Pour autant, travailler dans un supermarché permet de connaitre tout son quartier. J’ai pu rencontrer et parler avec des gens, avec qui je n’aurais jamais eu l’opportunité de dire un mot autre part. J’ai par ailleurs pu nouer quelques relations sympathiques avec certaines ! L’une d’entre elles m’a même soutenu pour une audition. Preuve que l’on peut faire son réseau n’importe où  ! 😉

 

Ce fut également une époque où je cumulais plusieurs petits boulots. Entre animateur périscolaire à l’aube, community manager le matin, caissier l’après-midi, et prof de guitare le soir, ce furent des journées bien remplies. Ce qui amène quelquefois a certaines rencontres accidentelles. Comme ses anciens collaborateurs, ou ces messieurs bien habillés à qui l’on a serré la main hier en discutant des dernières innovations techniques, et que l’on recroise le lendemain matin, oranges et oignons à la main, prêt pour la pesée.

 

Car cette profession amène le jugement facile. Celui où les gens jugent le statut avant la personne. Ce n’est guère l’imaginaire de la réussite qui entoure l’activité d’un hôte de caisse. C’est un métier qui force l’humilité. Peu importe qui vous étiez, sous le costume de l’entreprise votre personnalité cesse et l’unique droit qui lui est accordé c’est le droit au silence.

 

J’ai passé un an entier à cumuler de petits CDD, à vivre les temps forts de Noël ou des soldes, à être promené entre les services de livraison, la mise en rayon et la gestion des caisses. Aujourd’hui, je ne retire guère de choses de ce métier. Noyé dans la masse, clients après l’autre, les jours sont mécaniques, uniquement brisé par les sourires ou l’humeur de certaines rencontres et collègues.

 

Il n’y a guère de fin nette à cette période. Je travaillais à côté à la création de mon entreprise et ma chef de caisse au courant de mes ambitions entendit le moment où décidément, il était temps pour moi de consacrer mon temps à des activités plus lucratives. 

Je ne pense pas être bon négociateur. Longtemps, la négociation restait ce fantasme absurde de marchands perses discutant le prix d’un tapis : « 70 roubles criait l’un ! Non 30, répondait l’autre ! 60 prix d’ami ! 40 je n’irais pas au-dessus ! 50 dernière offre ! » Regards entendus, sourires malicieux, poignée de main complice, et l’affaire était dans le sac. Toutefois, je n’ai pas eu la chance de concrétiser ce fantasme, et mes premiers entretiens clients m’ont amèrement fait découvrir une autre réalité.

 

J’ai commencé l’entreprenariat directement à la fin de mes études. J’avais 20 ans. Un peu par erreur et sans volonté directe. Il y a eu des hauts et des bas, et pendant bien longtemps, je n’avais guère de ligne directrice. L’un de mes principaux leitmotivs était de me dire : « Je ne sais pas ce que je fais, mais au moins je le fais ». Autant vous dire que ce n’était pas la meilleure formule pour être le plus productif.

Leila on holidays @Ben - 13 € de l'heure

Ground control to major tom.. ♪ ♫

 

L’un des récifs majeurs de cette longue route de l’entreprenariat me prit de court, le jour où pour la première fois, j’ai dû facturer un client. Pour commencer, je n’avais aucune idée de comment construire un devis ou une facture. J’avais beau avoir fait deux ans d’études en commerce et marketing, j’étais infoutu de savoir quand, comment, et sous quelles conditions, je devais facturer un client. En revanche, je savais faire de jolies analyses PESTEL et matrices SWOT. Ça ne m’a jamais servi, mais au moins j’avais de bonnes notes en marketing.

 

Pour commencer, je n’avais que peu d’expériences professionnelles. Quelques stages par-ci, par-là, de petites missions d’animateur, de courts CDD dans la vente de prêt-à-porter masculin et une expérience malheureuse dans l’immobilier. Rien de très concret et de très responsable, mais suffisant pour avoir un brin d’assurance.

 

J’ai obtenu ma toute première mission six mois après le lancement de mon entreprise. J’avais pour tâche le design de livres blancs pour une entreprise douanière.

 

Pour vous restituer, au commencement de mon activité, je me positionnais en tant que Community Manager. Je m’efforçais de me faire connaitre sous cette appellation depuis le début de mon activité. J’avais construit toute une image de marque autour de cet axe.

 

Alors évidemment, mon premier client me contacte pour du design. DU DESIGN. Le truc pour lequel je me suis le moins qualifié, encore aujourd’hui. Mes compétences en graphisme sont l’équivalent de la réussite de la France à l’Eurovision.

 

Bref. Je finis par faire ces libres blancs sous Word (oui, oui je sais 😀 ), et je facture ça 440 € pour  2 feuillets de 20 pages chacun.

Go to shame corner @Ben - 13 € de l'heure

Avant de me résigner à Word, j’avais fait quelques essais sur Illustrator. Mais j’ai abdiqué rapidement, et ça a terminé en ctrl+c, ctrl+v assez dégueulasses.

 

Débuter l’entreprenariat tôt implique beaucoup de choses. Sans oser parler au nom d’une majorité, je m’en vais décrire mon cas. Mon but n’est pas de dresser un comparatif avantage ou inconvénients, mettons cela de côté, ce n’est pas cela qui nous intéresse.

 

J’ai eu la chance d’être hébergé chez mes parents pendant le début de mon activité, ce qui m’évitait de nombreux frais. Malgré tout, et malgré le support d’un de mes proches qui me guida bon gré, mal gré, dans l’apprentissage du métier, je me démenais dans une naïveté candide. Pas d’objectif, pas de vision. Si l’insouciance des premiers âges aide beaucoup, elle ne suffit pas à elle-même, et se heurte rapidement à sa propre incompétence et son manque de moyens. Et pour ce qui nous concerne, elle fait défaut d’une certaine compréhension et conscience monétaire de l’offre et de la demande.

 

Du haut de sa jeunesse, fin lycée – début de la vingtaine, comprendre et répliquer les valeurs financières d’un marché est loin d’être chose innée, et reste très théorique. Je ne saurais guère expliquer avec raison et preuves pourquoi, mais c’est ainsi. Ce n’est pas quelque chose qui s’apprend sur les bancs de l’école.

 

À 22 ans, j’ai eu pour la première fois la chance d’enseigner à l’université dans une filière commerciale. J’étais très fier, et mon module portait sur la découverte des métiers du numérique.

 

Lorsque le contenu du cours s’y prêtait, je demandais aux étudiants d’estimer mon salaire horaire d’enseignant. Âgés de 18 à 20 ans, ils avaient déjà derrière eux plusieurs cours de marketing, de négociation et une sensibilité commerciale en développement. À chaque fois, le même schéma s’est répété. La moyenne des réponses tournait autour de 15€ l’heure. Tandis qu’à la vérité, mon contrat m’octroyait 40€ de l’heure.

 

Je me mets aisément à leur place et trois années avant, j’aurais moi aussi halluciné de savoir que mon professeur touchait autant. Et encore plus épouvanté de savoir que certains professeurs touchaient autant. (Genre mon ancienne prof d’espagnol.)

I fucking hate my teacher @Ben - 13 € de l'heure

J’aurais jamais du prendre espagnol de toutes façons.

 

Trouver son prix est une épreuve du combattant. J’ai passé tout le début de ma création d’entreprise à me construire une image de marque : site web, réseaux sociaux et référencement, construction d’un book et d’un portfolio, mise en place d’un CRM… L’idée était simple, je voulais m’assurer d’avoir tous les outils à disposition, prêts et efficaces, pour m’assurer une bonne gestion par la suite. Deux choses : D’une part, cela ne m’a pratiquement servi à rien, hormis mettre mes idées à plat et les structurer. D’autre part, au début mon « business model » se caractérisait uniquement par la vente de pack de community management à des sommes dérisoires.

 

Lorsque que ce premier client m’est tombé dessus (Cf, le design de livres blancs), je n’étais absolument pas préparé. Je n’avais aucune idée de comment le facturer. Même le produit m’était inconnu, c’était la première fois que je découvrais l’existence et l’utilité des livres blancs. Aucune idée sur la mission, aucune idée sur les prix du marché, impossible d’estimer mon temps sur une tâche que je n’avais jamais faite. Les premières interrogations étaient cruciales : Est-ce que je facture au forfait ? Est-ce que je facture à l’heure ? Comment est-ce que calcule mes heures ? Comment dois-je mettre en forme mon devis ? Est-ce que le client doit le signer ? Et puis je demande quelle durée pour le délai ? Je demande un acompte ? Et quel montant choisir ?

 

Le devis en question @Ben - 13 € de l'heure

Même le design du devis était pourri.

 

A ce moment, tous mes beaux documents n’avaient aucune importance. J’étais bien empoté de trouver et de justifier un prix cohérent. Je n’avais jusqu’à alors que des prix « fictifs » qui n’avaient jamais été testés. Il me fallait un tarif horaire.

 

La première base était le smic que je fixais brutalement à 10€/l’heure. Puis ma première étape fut de considérer le smic comme un salaire adéquat. À 35H pendant 4 semaines, cela me faisait un total théorique de 1400€. À mes yeux, c’était énorme. Toutefois, j’incluais mes taxes dans ce prix et décidais donc d’augmenter légèrement ce taux, et de passer à 13€ de l’heure (le fou). 13€ de l’heure me semblait tout à fait à propos. Des missions à 40€-60€ de l’heure me paraissaient folles, et j’étais stupéfait de savoir que l’on pouvait acheter de telles prestations à ce prix.

 

Je tiens à préciser que ce tarif horaire n’a jamais été confronté à un client. Au début de mon activité, et suivant les devis, je passais le plus clair de temps à construire des grilles tarifaires pour essayer de cadrer au mieux mon activité et le temps consacré. Pour mes packs de Community Management, cela donnait lieu à des tableaux Excel sans queue ni tête où j’estimais mes offres en fonction du nombre et du type de post, des temps de veille et de création, de la gestion de communauté et sous quel volume… À vouloir être le plus clair et le plus précis possible, je m’enfonçais dans des méthodes lourdes, confuses, qui étouffaient l’ouverture à d’autres offres plus innovantes.

 

C’est seulement après plusieurs échanges avec d’autre indépendants, différents entretiens avec plusieurs clients, et quelques expériences supplémentaires que j’ai progressivement acquis une meilleure compréhension des prix du marché. Sans pour autant avoir toutes les clés en main, il m’apparaissait clair que 13€ de l’heure était ridicule pour un community manager digne ce nom.

 

Au fur et à mesure, j’augmentais mon prix par palier. Je suis rapidement passé à 20€ de l’heure, puis 25€. Pour beaucoup, ce sont les premiers rendez-vous clients et leurs retours vis-à-vis de mes devis qui m’ont aidé à gagner confiance en moi. Je suis arrivé à 30€ de l’heure et c’était mon premier plafond. Le prix me semblait correct, j’avais quelques essais à mon actif et des premiers retours positifs pour avoir suffisamment d’assurance.

 

Puis, j’ai pris en compte le fait que je devais inclure toute ma gestion/préparation dans mon heure de travail. Sans pour autant être un grand gestionnaire, dans 1h facturée au client, je me mettais aussi à tenir compte de mes temps de veille, de mon suivi client, de mon travail en amont… Si aux yeux du client je travaillais 1h, j’avais derrière moi plusieurs heures pour que tout fonctionne correctement. Logique me direz-vous, mais ce n’était pas toujours évident.

 

Cette réflexion m’amena à reconsidérer ma façon de vendre mon expertise, et c’est à 42€ de l’heure que j’ai vendu ma seconde prestation (de la formation cette fois-ci), quelques mois après. Je suis fier de cette mission où pour la première fois, j’avais pu afficher un prix correct. L’air presque confiant, mais avec des arguments qui tenaient route, le client avait accepté. (Et c’est aussi la première fois que j’ai eu des soucis de paiement, mais ça c’est autre histoire 😀 )

Give me my money @Ben - 13 € de l'heure

42€ de l’heure, le début de la richesse !

 

Par la suite, la majorité de mes prestations ont été proposées sur cette base. C’était un prix convenable sur lequel je pouvais me défendre. Je savais ce que j’étais capable de produire, et de vendre. Puis le premier déclic est venu suite à une remarque d’un autre indépendant avec qui je travaillais.

 

Un jour, j’ai vendu à une importante entreprise, 2 heures de consulting sur de la communication événementielle à 40€/l’heure. Par la suite, en discutant avec lui, il m’avait appris qu’au vu de l’entreprise et de leur chiffre d’affaire, j’aurais pu au moins tripler mon prix sans soucis.

 

Puis, il m’apprit une astuce de calcul. Sa stratégie était de comptabiliser le nombre d’heures de travail effectives qu’il pouvait réaliser au cours du mois. Puis, d’estimer son revenu mensuel hors taxes souhaité. Et enfin, de calculer son tarif horaire en fonction. Pour donner un ordre d’idée, si l’on considère que son temps de travail mensuel équivaut à 100 heures, et que l’on fixe un objectif de 2500 € net de chiffre d’affaire, alors notre taux horaire est automatiquement à 50 € TTC de l’heure.

 

Le second déclic vient de cette vidéo youtube, où un designer, au cours d’un atelier, explique par quelles méthodes et quels leviers il créé et facture son offre. Le public est lui-aussi composé de designer et de graphistes, et la vidéo commence où chacun doit indiquer son prix et ses conditions pour la création d’un logo. Un panel spontané d’offres est alors mis en évidence, avec de grandes différences de prix et de caractéristiques. L’atelier se poursuit, les offres et les profils clients sont étudiés, et apparait une seconde donnée qui m’était jusqu’alors brumeuse : « the value to the client ».

 

Le troisième déclic provient d’un appel d’offre pour l’animation d’un Hackathon de deux jours sur le thème de la sécurité portuaire. Rien de bien compliqué : présenter l’évènement, créer et assurer du lien entre les participants, un brin de jeu, un zeste d’ambiance, et le tour était joué. Au premier abord, pour deux jours entiers d’animation, je chiffrais le coût à 500/700 € la journée. Mais l’offre m’avait été transmise par bouche à oreilles, et je connaissais aussi son budget alloué : 1000 € la journée. 1000 FUCKING EUROS LA JOURNÉE. Soit 2000 € de recettes en deux jours. Bien plus que tout ce que j’avais gagné sur plusieurs mois. C’était énorme, un premier gros contrat ! C’était très motivant, de bon augure, et j’en avais vraiment besoin. Mais nous étions deux sur le dossier. Un gars de la ville, et une agence parisienne. J’étais certain d’obtenir la mission ! Je connaissais l’écosystème numérique Havrais plutôt bien, j’avais plusieurs contacts influents, et niveau animation ou prise de parole en public, j’étais suffisamment aguerri. Or, (forcément -_- ), sous le prétexte que je n’avais pas d’expérience dans l’animation de Hackathon, le contrat a été signé avec l’agence parisienne. Alors que bordel, j’étais entièrement qualifié.

I am just green with jealous rage right now @Ben - 13 € de l'heure

On retrouvera l’animateur à 02h du mat’ en train de boire des bières avec les autres organisateurs. Moi, rancunier ? Non pas du tout 😀

 

Ainsi, j’intégrais dans ma construction de prix trois nouveaux paramètres : le budget du client, sa perception de la valeur de l’offre, et le fait que la richesse est très mal distribuée 😀

 

Calculer son tarif, c’est agir avec adresse. Manœuvrer avec agilité pour trouver le prix qui convient au prestataire ainsi qu’au client. Mais si cela tient en une phrase, ce n’est facile que d’apparence.

 

Malgré moi, j’ai toujours peur lorsqu’en face d’un client je dois annoncer mon tarif horaire. Quand la mission est brumeuse, quand je manque d’éléments, j’aimerais pouvoir lui crier, écrire en caractère gras que « tout dépend ». Tout dépend de la demande, du contexte, et de la durée de la mission. Tout dépend du budget client, des enjeux du projet, et de la concurrence. Tout dépend de mes compétences, de mes frais, et de mon expérience. Pourtant je me retrouve tenaillé entre annoncer un prix trop fort ou trop faible, et en perdre mon prospect.

 

J’aimerais pouvoir dire à présent que définir mon tarif est derrière moi. Que je pourrais d’un claquement de doigt trouver le juste prix. Mais c’est une affaire qui se renouvelle quotidiennement. On expérimente, on cherche et on évolue. Au moins j’aurais appris que 13€ de l’heure, c’est bien mignon mais ça ne dure pas très longtemps.

 

Aujourd’hui, sans pour autant affirmer que mon tarif crève les plafonds de verre, j’ai quitté la rigueur des paliers que je m’imposais pour tendre vers une meilleure souplesse. Au diable les 40 ou 60€ de l’heure, cela ne devient pas forcément le plus important. Aujourd’hui, je ne sais à combien je facturerais un nouveau client à l’heure. Ni même si je lui fournirais un tarif horaire. Toutefois, je sais pour quel montant je n’accepterais pas la demande d’un client. Et encore, les fins de mois sont souvent trompeuses.

Nous sommes en 2014. Nouvellement diplômé Bac +2 en techniques de commercialisation, et encore rempli d’innocence naïve, et de très peu d’expérience terrain, j’entre à grand pas dès septembre dans ce fameux marché du travail dont l’on m’avait tant parlé pendant mes études. Marché qui n’a que cure de ma « force de travail », et qui me le fais comprendre assez rapidement. Ainsi, après plusieurs mois de recherches infructueuses, je me retrouve dans la nécessité de retourner au seul endroit où l’on voudrait bien de moi. L’agence immobilière, où j’ai effectué, six de mois de cela, mon stage de fin d’année.

 

Le directeur m’accueille, enjoué de me revoir, le stage s’étant très bien passé. Confiant et certain que je serais en mesure de « fournir du bon boulot », il m’accorde le contrat.

 

La convention commerciale entre mes mains, et après quelques jours de réflexion et de procédure administrative, ça y est, me voilà du haut de mes 21 ans, dans mon beau costume blanc et noir, mandataire immobilier pour le compte d’une agence locale.

 

Je suis désormais indépendant et fier de l’être. Fini le statut d’étudiant, à moi les responsabilités et les pleins pouvoirs de négociant. Mes conditions de rémunération sont claires : Je ne suis payé qu’à la commission. Pas de ventes, pas de rentrée d’argent. L’agence prenant 30%, il me reste 70% brut dans la poche.

 

Je n’avais aucun à priori du métier. Vivant toujours chez mes parents, je n’avais jamais recherché d’appartement. L’achat, la vente d’un bien immobilier ne m’intéressaient pas. A dire vrai, la seule chose que je connaissais de ce métier, c’est Stéphane Plaza qui me l’avait appris.

« Tu viens de faire un bon deal l’ami ! Ce champ de pâquerette il vaut de l’or, c’est moi qui te le dit ! »

 

Je n’ai reçu qu’une brève formation de la part de l’agence. Quelques discussions où l’on m’apprend que c’est un « métier de volume » : « rentre autant de biens que tu peux, et tu finiras bien par en vendre un ». Ces éléments en main, et avec mon nouveau forfait téléphonique prévu pour la prospection, j’applique consciemment la stratégie commerciale de l’agence.

 

Stratégie qui peut se résumer en deux phrases : « Tu prends le bon coin, tu vas dans l’onglet Immobilier-Vente-Particulier, tu vas chercher les dernières pages, et tu appelles toutes les annonces à la chaîne. Tu prends un rendez-vous, tu fais des photos, et tu crées l’annonce. »

 

Ce n’était pas très dur de conclure des mandats de vente, les propriétaires acceptant bien souvent l’idée d’un professionnel travaillant gratuitement pour eux, tandis qu’ils gardaient leur liberté de continuer de vendre entre particuliers à particulier, ou de mettre une autre agence sur le bien. Ce qui amène à cette situation paradoxale, où votre client devient votre principal concurrent.

 

L’agence ne vendait pas d’exclusivité. Implantée récemment sur Le Havre, et avec une petite équipe (un directeur, une gestionnaire, deux commerciaux – dont l’un d’entre n’avait vendu qu’un seul bien au cours de l’année dernière-), elle se débrouillerait avec son stock de biens en gestion, qu’elle avait récupéré lors d’un ancien échange avec une autre agence.

 

Hormis un logiciel de CRM, l’agence n’avait que très peu d’outils de communication et aucun contenu. Ce qui se reflétait comme une faiblesse contribuait aussi à une partie de sa force ; l’organisation étant de ce fait très « libre et souple ». Le directeur avait de plus, un certain sens éthique estimant son agence « honnête et responsable » contrairement à tous les autres « branquignols » de l’immobilier.

 

Au cours des trois premiers mois de mon activité, j’ai enregistré une dizaine de biens immobiliers. Toutefois, et à l’époque inconscient, la plupart étaient invendables, trop cher, mal placés ou avec une mauvaise rentabilité. Je ne finis par n’en vendre aucun.

Et ma maman qui me disait que je serais un bon commercial..

 

Pourtant, ce ne sont pas les visites ou les appels qui ont manqués. Lassé, je comprends de moins en moins mon rôle, dans ce secteur où le particulier à particulier se développe davantage, et je m’épuise de tout ce temps investis en vain.

 

Certaines affaires que je suivais depuis plusieurs mois, et dans lesquelles j’ai investis un nombre incalculable d’heures, me filent entre les doigts. Comme par exemple, cette maison sur les hauteurs de la ville, pour laquelle j’avais organisé une trentaine de rendez-vous, et dont au final, la propriétaire (dont l’ex-mari était agent immobilier) finira par la vendre seule, de son côté. J’ai toutefois reçu un sms de sa part, me remerciant de « tous les efforts consentis à la vente de sa maison ».

 

Je finis par dépenser mon temps, plus que je ne l’investissais. Avec des visites inutiles, des retours auprès des propriétaires pour leur dire que leur prix est trop cher, et qu’il est normal qu’ils n’aient aucunes propositions, les appels pour des visites à 20h du soir, et mon responsable qui continue de me dire que « c’est un beau métier », qu’il faut prospecter, prospecter et prospecter, que l’on peut « très bien gagner sa vie », et qu’il faut comprendre la « psychologie du propriétaire ».

 

Pourtant, plus le temps passe et plus mon incompétence me frappe à la gueule. Mauvaise gestion de mon emploi de temps, aucune connaissance juridique ou du bâtiment, des rendez-vous mal qualifiés, l’incapacité de répondre précisément aux questions clients, et l’impression de n’être qu’un guide touristique…

En noir et blanc pour plus d’intensité dramatique.*

 

J’en viens à ne plus comprendre ce que je vends, ni à comprendre la légitimité de ce métier. Et à l’opposé, je continue de me dire, dans l’hypothétique cas où je serais propriétaire, que je ne vendrais mon bien qu’entre particulier sans passer par une agence. (normal)

 

Alors, je fais bien pâle figure, dans ce costume blanc et noir sur mon vélo en face de ces propriétaires ou acquéreur, aux beaux sourires condescendants. Dépassé, j’arrête la prospection des ventes immobilières, et je me recentre sur ce qui avait cartonné durant mon stage : la location et gestion immobilière.

 

Nous sommes alors fin mars, et j’ai dans mon portefeuille de biens, une maison, un immeuble, et huit appartements.

 

Sans le même enthousiasme, ni l’ardeur des débuts, je reprends mon téléphone entamant de nouvelles séries de prospection. Entre temps, j’apprends que tous les biens prospectés durant mon stage ont été repris par la gestionnaire et ne m’appartiennent plus. Après avoir essayé d’en récupérer un, et d’avoir été en concurrence absurde avec l’unique personne qui gère l’administration de l’agence (et tout le processus de gestion locative des biens), je me retrouve de nouveau seul devant ce bureau, toujours dans mon costume blanc et noir, que décidément je portais avec plus de fierté durant mes études. Je continue de prospecter sans véritable trame ou segmentation et ciblage d’un marché.

 

Tandis que mes annonces de ventes croupissent dans leur coin, et que je rentre « parce qu’il faut faire du volume » tout type de bien en location, j’ai de plus en plus de mal avec le régime de l’indépendant. Avec ma rigueur d’ado, et la même motivation qu’un félin durant sa sieste au soleil, je ne garde pas un rythme de travail très soutenu.

Je me sens plus proche de ce gars que de Grant Cardone.

 

Devant mon manque de résultat flagrant que je n’arrive pas, et que personne ne m’aide à comprendre,
je décide de m’investir davantage dans cette entreprise, qui ne m’avait rien demandé, mais en qui, plein de bonnes volontés, je souhaitais faire prospérer ; convaincu « qu’en travaillant d’abord pour l’entreprise, on travaille aussi pour soi. »

 

Je me mets alors à travailler une partie de leur communication, et conçois pour eux une stratégie de communication social-média, avec conseils et exemples en création de contenu. J’établis un plan d’action, et après validation du responsable, je créé pour eux une page Facebook, réalise un sondage auprès d’une centaine de personnes, et rapporte du trafic sur leur site web (en un jour, l’agence a vu son taux de visite passer de la vingtaine à plus de 500 personnes).

 

Fier de mon succès, et des premiers résultats encourageants, tout en sachant que selon les dires du directeur d’agence, « le trafic à une valeur monétaire », je viens, naïf que je suis, clamer mon dût.
Or, il s’avère que tous ces outils web et print conçus, bien que satisfaisant, ne fassent pas partie des accords de ma convention. Indépendant que je suis, je me retrouve bien déçu. J’essaye alors de négocier, en vertu des efforts fournis, des parts plus larges sur ma commission. Peine perdue, je n’obtiens rien de concret.

 

En attendant, vu le temps investis dans la communication de l’agence, je n’avais pas trouvé le temps de prospecter. D’ailleurs l’envie n’était plus au rendez-vous. Je me fatiguais entre discussion incessantes avec mon mandant, mon incompréhension du métier, fatigué des clients, fatigué de mes moyens de déplacements (je n’avais pas le permis), et surtout fatigué de travailler, travailler et d’encore travailler sans aucune compensation financière. Et pourtant, c’était bien le contrat que j’avais signé.

 

Et il n’y avait pas de petits caractères. Je ne pouvais ne m’en prendre qu’à moi-même.

 

La relation se détériorant lentement mais sûrement avec l’agence, j’arrêtais la prospection et ne réalisais plus qu’un suivi léger de mes affaires les plus importantes. J’ai finalement réussi à louer une petite maison à une fille qui revenait sur le Havre pour ses études, et qui s’ouvrit les veines dans sa cuisine fraîchement rénovée, une semaine après. Mais j’étais déjà parti de l’agence.

la mort de Madame Poire

(Mais rassurez-vous, elle va bien)

 

Nous sommes au mois de juin, et j’ai finalement réussi à vendre quelque chose. En six mois, j’ai gagné 300 €. La meilleure affaire de ma vie ! Et suite aux pressions du directeur pour que je lui remette mon portefeuille de biens, je finis par craquer et propose mes offres de ventes et de locations à mes collègues. Et là, coup de grâce. Aucuns d’entre eux ne les désirent. Elles ne sont pas intéressantes, certainement jugées invendables. Argument qui m’avait été vendu à la signature de la convention, il s’avérera ainsi, que non, une fois partis, personne ne prendra la gestion de mes biens pour assurer la continuité du mandat avec le client. Acte qui aurait permis, moyennant une marge moindre, de garder l’opportunité de toucher une commission sur leurs ventes ou mises en location.

 

Nostalgique, je retourne de temps en temps sur leur site. Leur logo a changé, et ils ont rouvert une page Facebook. Par dépit, j’avais supprimé l’ancienne. J’hésite à les contacter, voir s’ils ont besoin d’un community manager pour gérer leur « nouvelle » stratégie Social-Média.

 

Trop bien souvent encore, à l’aune de cette joyeuse année 2017, il m’arrive encore de tomber sur ces événements Facebook où plusieurs centaines d’individus sont conviés, et seule une maigre dizaine finit par confirmer son intérêt ou sa participation. C’est problématique.

Pourtant dans l’idée, c’est une stratégie qui se tient. Plus j’augmente le volume d’invité, plus j’augmente sa visibilité, et son taux de réponse. Comme un avion qui passe au-dessus de la ville, et qui dépose ces tracs partout dans la ville.

Toutefois dans la réalité, le ratio nb d’invités/confirmation n’est pas très formidable suivant cette méthode, et surtout à l’image de notre avion au-dessus de la ville, vous ne faites rien de mieux que de polluer les notifications, fil d’actualité de vos contacts Facebook.

Alors histoire de faire évoluer les choses, d’éviter que les administrations dépensent leur budget com’ n’importe comment, où que TPE et Asso arrêtent de considérer qu’apposer des affiches dans la boucherie du coin est encore une démarche rentable, laissez-moi vous donnez quelques conseils.

cadeau ben

C’est cadeau, profitez-en.

 

Comment utiliser au mieux les réseaux sociaux pour promouvoir son événement ? *

 

POSONS LES BASES :

Soyons clair sur une chose. Tous les conseils ou recommandations fournis dans cet article sont à adapter et à reconsidérer suivant votre événement. C’est ce-dernier et ses particularités qui doivent définir vos actions.

 

A vous de vous poser les bonnes questions. Quelle est votre cible ? Quelles sont ses attentes ? Le meilleur support et média pour la contacter ? Sur quel marché évoluez-vous ? Quel est l’intérêt pour vos participants de venir ? Qu’ont-ils à y gagner ? Quels sont vos objectifs ? Quels sont vos moyens pour les atteindre et pour les mesurer ? Combien de temps de préparation avez-vous ? Quel est votre budget ?

 

Bref. Réfléchissez et cadrez au mieux votre produit pour pouvoir mettre en place un plan d’action le plus cohérent possible avec votre stratégie.

 

OUBLIEZ LE PRINT.

Ce n’est pas bon pour la planète.

 

CHOISISSEZ VOS PLATEFORMES :

Pour transmettre votre message, et gérer la promotion de votre événement, il vous faut des supports de communication. Vous avez pour commencer trois outils fondamentaux : votre site web, les réseaux sociaux et votre newsletter.

 

Néanmoins, l’attention de votre cible étant principalement centrée sur les réseaux sociaux, à vous de savoir où vous allez devoir distribuer votre contenu. Il ne faut pas communiquer sur tous les réseaux existant, mais sélectionner les plus stratégiques. Les deux fondamentaux reste tout de même Facebook et Twitter. Si vous avez le temps et l’énergie optez pour Instagram, puis Snapchat et Linkedin suivant votre cible.

 

CONSTRUISEZ UNE « STRATÉGIE DE COMMUNICATION » :

Alors accrochez-vous, nous abordons ici la partie la plus intéressante, et également la plus délicate. Logiquement si vous avez tout bien suivi jusque-là, vous devriez avoir deux choses : Un produit clair et bien défini que vous êtes capable de présenter et de défendre sur le bout des doigts, et plusieurs supports adaptés aux particularités de ce-dernier.

 

Ensuite, mettons-nous d’accord sur le sens d’une « stratégie de communication ». Sous ces grands airs, le concept est assez simple. Le but de cette dernière est de vendre votre produit.
Lorsque vous mettez en place « une stratégie de communication », vous mettez en place « une stratégie de vente ».

 

Sauf qu’ici, vous n’avez pas à votre disposition plusieurs dizaines de commerciaux pour venir sonner à la porte de chacun de vos invités et les convaincre de venir. Ici, votre contact se fait via le web et les réseaux sociaux, à vous d’utiliser les moyens mis à votre disposition.
En d’autres termes, vous allez devoir créer du contenu.

All about content Baby

A wild Gary Vee appeared !

 

Créer du contenu signifie arriver à créer de la valeur. Une valeur ajoutée qui correspond à vos objectifs et présentée sous le format le plus adapté à votre cible. A vous d’être créatif et de savoir utiliser au mieux les médias à votre disposition, comme de la vidéo, des infographies, des articles…

 

Toutefois, hors de question de faire cela à la va-vite et de balancer à tout va une image random avec le nom, lieu, dates et horaires de votre événement. Vous ne créez ici que très peu de valeur, vous ne faites que distribuer de l’information. Ce n’est pas le plus attractif. Non, votre mission c’est de convaincre l’internaute, et de lui faire comprendre qu’il est bien plus intéressant pour lui d’aller à votre événement que de rester affalé toute sa soirée dans son canapé à regarder Netflix.

 

Et pour cela, il va falloir commencer par capter son attention, et par lui proposer un contenu qui serait susceptible de l’intéresser. Logiquement, si vous avez bien réalisé l’étape 1, vous connaissez déjà votre cible, et donc la réponse. A vous de créer de l’émotion, d’arriver à convaincre, de faire comprendre à votre cible l’offre que vous lui proposez. Comprenez aussi, que même si les raisons qui font de votre événement un truc super génial sont claires à vos yeux, elles ne le sont peut-être pas pour tout le monde.

 

Mettons que vous organisez, par exemple, une soirée « atelier de brainstorming ». Il serait intéressant d’écrire (pourquoi pas) un article sur « Pourquoi faire des brainstormings vous rendra plus intelligent ?». Ou si vous organisez un concert, vous pouvez réaliser une courte vidéo-interview des artistes, qui transmettront leur attentes et envies ! Ou bien, si vous organisez une foire exposition sur les poignées de portes, vous pouvez toujours faire une vidéo sur leurs procédés de fabrication, ou un article sur « Pourquoi les poignées de portes augmentent-elle drastiquement vos capacités à ouvrir des portes ? », ou « Pourquoi les détenteurs de poignées courbées ont 50% de chances de faire plus l’amour que les autres ? »

poignée de porte courbée

Tu la vois ma belle courbe ?

 

Si par exemple, l’un de vos objectifs est de créer de nouvelles relations plus profondes entre vous et votre communauté et d’affirmer leur sentiment d’adhésion, pour pouvoir mener par la suite des opérations marketing qui demandent une base communautaire forte et engagée, alors par exemple mettre en place une Story Snapchat « Inside the organization » ou votre communauté a la capacité de s’impliquer et d’influencer vos processus de décision et de création de votre évènement pourrait être une solution.

 

Bref, le principe est simple. Attention toutefois à rester clair et centré sur vos actions. L’intérêt consiste à présenter votre produit sous certaines spécificités. Créez de la valeur en fonction de vos objectifs.
Faites également en sorte que votre création de contenu respecte votre ligne éditoriale, votre charte graphique, et un calendrier éditorial.

 

PRÉVOYEZ UNE BUDGET COM’ :

Au moins pour Facebook. C’est le plus important. Car créer de la valeur c’est une chose, mais si votre contenu n’atteint personne, vous n’aurez aucun résultat. Le principe des campagnes de communication consiste à donner un petit coup de jus aux fonctionnalités de Facebook, pour vous permettre de distribuer votre contenu d’une façon plus large et mieux ciblée.

Waste of money

Ça, c’est généralement la façon dont les administrations dépensent leur budget com’

 

Personne ne vous demande de dépenser plusieurs centaines d’euros, là où quelques dizaines seront amplement suffisantes. Vous pouvez faire des miracles avec très peu. A condition de prendre le temps de construire une campagne efficace, bien ciblée et déjà mise à l’épreuve, avant d’y mettre tout votre budget.

 

DITES S’IL VOUS PLAIT :

C’est important. Une fois votre campagne de communication lancée vous devriez déjà avoir de premiers résultats. Mais ce n’est pas suffisant. Si vous n’avez pas réussi à capter l’attention de votre audience, ou du tout du moins pas de manière suffisante pour qu’elle s’engage, c’est à vous de faire le premier pas.
Si vous voulez que les gens vous accordent de l’attention et de l’importance, commencez déjà par faire de même à leurs égards.

 

Commencez par inviter votre réseau le plus proche, (mail, communauté cible…), puis allez contacter les personnes qui sont les plus à même de relayer votre message. Influenceurs, associations, entreprises… Voyez s’il est possible que votre événement soit relayé ou qu’un contenu relatif soit créé (comme un article par exemple).

coffee is love

Puis faites-vous un café.

 

Ensuite, commence la partie la plus longue et fatigante. Il va falloir contacter un à un chaque invité qui n’aurait pas confirmé, pour s’assurer de leur présence. Utilisez Facebook et Twitter et prenez du temps pour rechercher, contacter, et engager la conversation avec chaque personne. Vous n’agissez pas comme du spam. Votre but n’est pas de contacter le maximum de personne. Mais de contacter uniquement les personnes qui selon vous pourraient être intéressées par votre événement !

 

Faites donc des messages personnalisés. Et non des copier-coller répétitif. Ne faites pas des messages groupés. Personne n’aime ça, c’est impersonnel. Contactez vos réseaux, ces personnes qui n’ont pas répondu, mais dont vous avez la certitude qu’elles pourraient trouver un intérêt à venir. Profitez-en aussi pour demander un partage de votre contenu et/ou de votre événement, c’est toujours un petit plus.

 

Et si vous ne trouvez pas de façon adaptée et non intrusive de parler de votre produit, le mieux reste encore de rien dire. Cela ne sert à rien de forcer et d’abuser du temps d’autrui. Entamez la conversation sur un autre sujet, et voyez comment la relation évolue.

 

C’est une méthode longue, épuisante, et très prenante. Pourtant le résultat est à la clé. Et plus vous passerez du temps à construire une audience manuellement, plus vous aurez de facilité par la suite à réengager de nouveau cette communauté.

 

DONNEZ À VOTRE AUDIENCE LE MOYEN D’INTERAGIR :

Gardons ce concept de création de valeur. Vous avez fait du bon boulot, et votre événement est un succès. A vous de contribuer à faire vivre cette réussite. Vous avez donc plusieurs tâches à respecter.

  • Assurer la communication « live »
    • Photo des cérémonies, discours… Live Interview sur Périscope ou Facebook… Story Snapchat… Soyez à l’écoute, certains participants auront le réflexe de demander directement des informations depuis vos réseaux sociaux. A vous d’être réactif et d’assurer l’actualité puis l’échange/partage.

 

  • Optimiser la création de contenu de vos invités
    • A moins que vous n’organisiez votre événement dans une petite salle des fêtes au fin fond de la Creuse, vos participants devraient avoir le wifi, donc la possibilité de commenter leur expérience. Expérience qu’ils partagent via leur création de contenu. Par exemple, une photo de la foule, du buffet, ou une vidéo d’une conférence ou d’un discours… Votre objectif est de capter cette valeur et la redistribuer. Déjà car cela facilite votre propre travail de création et de veille, et cela vous permet aussi de mettre en valeur votre produit non point par vous, mais par votre communauté.

 

Une précision toutefois, ce n’est pas tellement une opération que l’on fait d’un claquement de doigt. La création de contenu, et l’utilisation d’un hashtag spécifique ne sont pas forcément des choses innées pour une audience. A vous de l’éduquer ( 😮 ) et de mettre vos outils d’interaction à l’honneur avant et pendant votre événement.

 

ET ON N’OUBLIE PAS DE DIRE MERCI.

Votre événement est terminé, vos efforts ont payés, les salles étaient pleines à craquer, et vous n’avez eu que des retours positifs. Vous pouvez vous féliciter, vous l’avez bien mérité !

Clap, clap

Un peu d’auto-satisfaction ne fait jamais de mal

 

Cependant, il vous reste encore quelques tâches à accomplir. Toute cette valeur qui fut créée grâce et autour de votre événement ne doit pas être perdue. Vous pouvez désormais mettre en ligne les vidéos des discours ou des conférences qui ont été donnés. Ou bien réaliser un court montage des différents moments impactant. C’est l’occasion de restituer le contenu qui fut créé lors de votre événement, et d’amener vos participants à trouver davantage de détails ou d’informations sur votre site, compte Instagram, chaîne YouTube… Donc de garder leur attention et de maintenir leur implication.

 

Remerciez votre audience pour sa participation (message général et/ou personnel), gérez les retours positifs comme négatifs, et allez à la découverte de leurs opinions et avis. Demandez un feed-back. Comprenez ce qu’ils ont retenu, ce qui les a intéressés, ce qu’ils ont apprécié, si leurs attentes ont été satisfaites… Mais également, ce qu’ils ont le moins apprécié, les points négatifs qui ressortent et enfin s’ils ont des suggestions/envies pour les prochaines fois.

 

Créez du contenu pour consolider votre communauté, et l’engager à répondre, par exemple, à vos questionnaires, sondages… Vérifier que vos objectifs sont atteints. Si votre événement devait servir le lancement d’un nouveau produit, ou un accru de notoriété, vérifiez et ajustez votre discours à votre cible et utilisez vos outils pour mesurer l’efficience de votre stratégie.

 

LES BONUS :

 

  • Faites du Print. (Oui, parce qu’on rigole cinq minutes, mais il n’y a aucune situation où il n’existe qu’une bonne et unique solution. Il y a toujours une sorte de marge à toutes choses.) Alors si vous avez entièrement saturé un média, si votre cœur de cible est présent assidûment dans un endroit spécifique, ou si elle est plus habituée aux outils traditionnels…
    Eh bien, faites du Print.

 

  • Dans le même esprit, n’hésitez pas à « aller au contact ». Parler de votre événement, les yeux dans les yeux et de façon personnelle seront globalement des méthodes toujours plus efficaces qu’une communication virtuelle.

 

  • Référencez-le. Que votre événement soit présent sur les réseaux sociaux est une bonne chose, mais assurez-vous qu’il existe également sur d’autres supports. Comme par exemple, l’agenda de la ville, la programmation d’une salle, ou ces listes qui recensent chaque sortie, concert, expos, événement d’un lieu/ville… C’est toujours un petit plus. Toutefois, si votre événement n’est pas récurrent ne gaspillez pas votre temps à optimiser votre SEO, ce serait beaucoup d’efforts dépensés pour peu de résultats.

 

  • Ayez recours à d’autres newsletter que la vôtre. Si vos partenaires, lieux, entreprises en rapport avec votre événement ont une liste mail, il serait préférable qu’elle soit mise à profit. Demandez à y jeter un œil avant l’envoi toutefois, cela vous évitera des mauvaises surprises 😉

 

  • Ayez le jour J une personne entièrement dédiée à la communication de votre événement. Vous ne pouvez être présent partout, et devoir gérer la promotion continue d’un évent est une mission assez exigeante et chronophage.

 

  • Faites un formulaire d’inscription. Même si, d’un point de vue personnel, je ne suis pas très fan, c’est toujours un outil pratique pour capter du mail.

 

*(même si ce-dernier concerne la présentation du bilan de votre société par votre comptable au charisme d’huître avariée)